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Région Dakhla-Oued Eddahab: Tourisme et pêche maritime, deux leviers de développement durable local

Considérée comme étant la porte du Maroc vers l’Afrique, la région de Dakhla-Oued Eddahab est limitée au Nord par la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, au Sud et à l’Est par la Mauritanie et à l’Ouest par l’Océan Atlantique.
La région s’étend sur une superficie de 142.865 Km², soit 20 % du territoire national et 75% de la superficie des provinces du sud du Royaume.
Elle comprend deux provinces (Oued Eddahab et Aoussred) et compte environ 142.000 habitants, selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 2014.
La région, qui jouit d’importantes ressources naturelles, est engagée dans une dynamique de développement durable et équilibrée, adossée à des secteurs structurants de l’économie régionale qui offre d’importantes opportunités en matière d’investissement dans les secteurs de la pêche, du tourisme et de l’agriculture.

Promouvoir l’investissement au service de la population locale

Durant l’année 2018, un total de 661 certificats négatifs (contre 591 l’an dernier) ont été délivrés par la délégation régionale du ministère de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique et le Centre régional de l’investissement (CRI) pour la création de nouvelles entreprises dans la région de Dakhla-Oued Eddahab.
D’après des données du CRI, la ventilation par nature juridique fait ressortir une prédominance de la société à responsabilité limitée (SARL) avec 530 certificats, soit 80% des demandes déposées pour la création d’entreprises, suivie des Sociétés à nom collectif (96 certificats/15%) et les sociétés des personnes physiques (34certificats/5%).

S’agissant de la répartition par secteur d’activité, les services arrivent en tête avec 212 certificats, soit 32 %, suivi par le commerce (209/31%), le batiment et travaux publics (BTP) (89/13%), le tourisme (81/12%), l’agriculture et la pêche (59/9%), l’industrie (08/3%) et l’énergie et mines (3).
De même, le guichet d’aide à la création d’entreprises a enregistré durant l’année 2018, la création de 1.018 entreprises. La répartition des entreprises commerciales par nature juridique, fait ressortir la prédominance de la SARL (53%), suivie de la PPH (41 %) et enfin de la SNC (6%).
Quant à la répartition sectorielle des entreprises commerciales, elle reléve la prédominance du secteur de commerce (48%), suivi de celui des services (24%) et du tourisme (11%). Les secteurs des BTP, de l’Agriculture, de l’énergie et mines et de l’industrie enregistrent des taux respectivement de 8%, 4%, 2% et 3%.

La pêche maritime, un levier majeur du développement local

Dotée d’une façade littorale de 667 km, la région de Dakhla-Oued Eddahab est l’une des zones les plus poissonneuses dans le Royaume, et dont les eaux recèlent des ressources halieutiques abondantes et diversifiées.
La région se distingue également par une baie de 400 km2, sur une longueur de 37 km, dont l’éco système lui a valu trois statuts de reconnaissance en tant que site d’une grande importance écologique (zone protégée dans le cadre de la convention relative aux zones humides (RAMSAR), zone d’importance pour la conservation des oiseaux (ZICO) et site d’intérêt biologique et écologique (SIBE).
La région contribue à hauteur de 43 % en poids et 33 % en valeur de la production halieutique nationale (bilan de 2018).
Composée de 24 chalutiers hauturiers, 193 navires de pêche côtière et 3.255 barques de pêche artisanale, la flotte maritime au niveau de la région a réalisé en 2018 une production halieutique de l’ordre de 587.000 T, pour une valeur estimée à 2,23 milliards de dirhams, enregistrant ainsi une baisse de 10 % par rapport à l’année 2017.
Au total, le secteur emploie plus de 47.000 personnes dont plus de 20.000 indirectes, répartis sur les segments de la pêche hauturière et côtière (6.822 personnes) et artisanale (11.000), le mareyage (594), les activités sur le littoral (440), les industries de poisson (7.971) et les navires accord de pêche (760).
A cet égard, le secteur de la pêche dans la région a bénéficié d’importantes infrastructures, dont deux ports, une halle au poisson, 6 villages de pêcheurs équipés par des halles aux poissons, un centre de qualification maritime et un centre régionale de l’Institut national de recherche halieutique (INRH).
Il dispose également de 79 unités de congélation et de valorisation de produits de mer, six fabriques de glace, 11 fermes aquacoles, trois unités d’expédition des crustacés vivants et quatre centres d’expédition des coquillages, ainsi qu’une unité de production de la farine et de l’huile du poisson er un conserverie.
S’agissant de la répartition des débarquements par espèces en 2018, les poissons pélagiques forment 95,04 % du total des débarquements des produits de la pêche au niveau de circonscription maritime de Dakhla, les céphalopodes (2,64 %), les poissons blancs (2,16 %), les crustacés (0,07 %), les algues (0,06%) et les coquillages (0,03%).
Forte de ces atouts maritimes importants, la région de Dakhla-Oued Eddahab est devenue un vrai pôle d’attraction pour les hommes d’affaires et les entrepreneurs désirant investir dans le secteur de la pêche qui a été conforté au cours des dernières années par la réalisation de nombreux projets ayant permis le développement des infrastructures dans ce secteur prometteur et qui est considéré comme l’un des piliers du tissu économique diversifié de la région.

Dakhla-Oued Eddahab: une destination touristique nationale et internationale de choix
La région de Dakhla-Oued Eddahab s’est affirmée ces dernières années en tant que destination touristique de choix tant à l’échelle nationale qu’internationale, grâce aux atouts naturelles et culturelles dont elle dispose, aux efforts consentis par les différents intervenants, et à l’évolution des infrastructures touristiques dans la région.
A vrai dire, le secteur touristique dans la ville de Dakhla a affiché une forte croissance au cours des dernières années, comme en témoigne l’augmentation du nombre des nuitées dans les hôtels classés, qui sont passées de 116.798 en 2017 à 128.052 l’an dernier.
La capacité d’hébergement des hôtels de la région a enregistré, quant à elle, une évolution remarquable. Disposant à peine de 260 lits et 130 chambres en 2010, les hôtels de la région ont totalisé 1.471 lits et 692 chambres en 2018.
Le secteur s’appuie sur des leviers majeurs ayant trait au tourisme sportive (sports de glisse, Dakhla étant devenue un haut lieu de la discipline à l’échelle internationale), au tourisme de découverte, des voyages, balnéaire et environnementale et au tourisme des conférences, un nouveau créneau qui vient consolider le rayonnement de la région en tant que terre d’accueil, de rencontres et de grands rendez-vous culturels et intellectuels.
La région de Dakhla-Oued Eddahab a connu, en effet, au cours des trois dernières décennies, un essor de développement remarquable, boosté par la réalisation d’importantes infrastructures dans différents secteurs et d’installations d’accueil à caractère touristique, dans le cadre d’une dynamique de développement global qui procède d’une vision ambitieuse et d’une forte volonté des responsables et des acteurs locaux à hisser cette partie du Royaume au rang des destinations touristiques incontournables aussi bien au niveau national qu’international.
Dans cette optique, les autorités locale œuvre pour ériger les provinces du sud en un nouveau pôle touristique, à travers la mise en place de produits touristiques innovants joignant les atouts qu’offre la mer aux attraits du désert, outre le développement d’une offre complémentaire axée sur la culture, l’environnement et les produits locaux.

Culture des primeurs: Une expérience pionnière au niveau des provinces du Sud
La culture de primeurs, la filière agricole la plus importante de la région de Dakhla-Oud Eddahab, s’érige en expérience pionnière sur l’étendue des provinces du Sud.
En effet, les périmètres irrigués destinés essentiellement à la production de primeurs sous serres, constituent un exemple concret de la réussite des efforts de mise en valeur agricole des terres sahariennes.
Le climat tempéré qui prévaut toute l’année sur la bande littorale de la baie de Oued-Eddahab, les encouragements octroyés par l’Etat, et l’acharnement des exploitants de ces périmètres à les rendre aptes aux différentes cultures se sont traduits, en l’espace de quelques années, par la mise en valeur d’une superficie de 500 ha de terres désertiques, dotée d’équipements de pointe.
Le secteur, qui a connu une forte impulsion à la faveur des actions initiées dans le cadre du Plan Maroc Vert (PMV), conformément aux Hautes orientations de SM le Roi Mohammed VI, repose sur deux activités principales, la première est liée à la culture locale et à l’élevage, notamment camelin, et la deuxième activité est relative à l’agriculture sous serres, notamment la production des primeurs.
Ces potentialités associées aux efforts consentis par l’Etat en matière d’incitation, dans le cadre du Fonds de developpement agricole a permis l’installation et l’équipement des plusieurs unités de production des cultures maraîchères sous serres destinées à l’export, sur une superficie de 600 ha.
Grâce aux conditions climatiques de la région et au savoir-faire des investisseurs les rendements à l’export réalisés sont très satisfaisants. La production en 2018 est estimée à plus de 60.000 tonnes, destinées, principalement, exportée au marché extérieur.
Grâce aux investissements réalisés au niveau des périmètres de production maraîchères, le secteur agricole occupe, dans la région de Dakhla Oued Eddahab, le deuxième rang après la pèche en matière d’emploi. En effet, le secteur a créé en 2018 plus de 2.5 millions journées de travail.
L’agriculture à Dakhla est marquée également par l’élevage notamment camelin avec un effectif de plus de 35.000 têtes tenant ainsi le haut du classement à l’échelle du Royaume.
Des actions de sensibilisation et d’information sont organisées régulièrement au profit des éleveurs sur les méthodes et moyens destinés à protéger la santé du bétail et à développer la productivité du cheptel.
L’élevage de petits ruminants (ovin, caprin) est également pratiqué dans la région, l’effectif recensé est de l’ordre de 70.000 têtes.
Les productions animales s’élèvent à 6 millions de litres/an pour le lait et 1.500 T/an de viandes rouge, ce qui permet la satisfaction des besoins de la région en ces produits.
Par ailleurs, l’introduction de bovins laitiers dans le périmètre de Tawarta (600 têtes) a permis de développer un mode d’élevage intensif, permettant la production d’environ 1 million de litres par an.
De même, des unités avicoles sont installées dans la région avec une production annuelle de l’ordre de 450 t/an. Cette production ne couvre qu’environ 40% des besoins de la région.
Depuis son inclusion dans le Plan Maroc Vert, la région de Dakhla s’est fixé plusieurs objectifs axés essentiellement sur l’augmentation des niveaux de production des différentes productions, l’amélioration de la qualité et des conditions de commercialisation de la production, la valorisation de l’eau d’irrigation, la création de l’emploi ainsi que l’amélioration des revenus de la population rurale.